23 juin 2026
La pilule est dure à avaler pour les automobilistes du fenua.
Depuis ce mardi 23 juin, faire le plein coûte nettement plus cher : le prix du sans-plomb et du gazole a grimpé de 15 francs pacifique, s'établissant désormais à 165 Fcfp le litre. Une décision prise en Conseil des ministres qui interpelle, alors que les cours mondiaux du brut affichent une tendance à la baisse dans l'Hexagone. Face à la grogne naissante, le ministre des Finances et de l'Économie, Warren Dexter, est monté au créneau face à la presse pour justifier cette mesure. Il invoque le mécanisme incontournable de l'effet retard lié aux stocks : le carburant actuellement distribué dans nos stations a été acheté au plus fort de la crise, lorsque le baril frôlait les 100 dollars, même si les cours internationaux sont redescendus autour de 74 dollars aujourd'hui.
Pour amortir ce choc financier, le Fonds de régulation des prix des hydrocarbures (FRPH) a déjà consommé 200 millions de Fcfp sur sa dotation publique, laissant ses réserves actuelles à 2,8 milliards de Fcfp. L'exécutif refuse d'injecter davantage d'argent public issu du budget général, estimant que le Pays a déjà fait un bel effort. Pour pérenniser le dispositif, le gouvernement mise tout sur un projet de loi d'exonération fiscale qui devrait être examiné à l'Assemblée pour une entrée en vigueur au 1er juillet 2026.
En cas de rejet par les représentants, le ministre prévient qu'il faudra s'attendre soit à une nouvelle hausse à la pompe, soit à une baisse des budgets d'autres actions publiques. Pour l'heure, l'exécutif a choisi de sanctuariser la baguette de pain et le poisson : l'impact de la hausse a été limité à seulement 5 francs pour les boulangers et les professionnels de la mer afin de maintenir la viabilité de leurs activités et de bloquer une hausse du prix de la baguette.